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LA DAME EN NOIR
Informations complémentaires
| Auteur | |
|---|---|
| Numéro | 2024/06 (N°4) |
| Parution | 2024 |
| Format numérique |
Ce texte occupe une place singulière dans l’ensemble du corpus. Il est de nature littéraire et narrative. Là où les autres cahiers construisent une ontologie et une philosophie, La dame en noir les incarne dans un récit. Ce texte pourrait être proposé en premier, comme point de départ vécu dont les autres textes seraient le déploiement conceptuel.
Abstract : À partir d’un récit clinique – la consultation d’une femme souffrant de migraines chroniques depuis vingt ans – , cet essai explore les conditions intérieures de l’écoute thérapeutique et propose une conception de la maladie radicalement distincte du paradigme biomédical dominant. L’auteur soutient que toute maladie trouve son origine non dans un dysfonctionnement organique isolé, mais dans la tentative répétée et épuisante de combler un vide intérieur – vide creusé par un désir insatisfait, une souffrance tue, un sentiment bâillonné – au moyen d’une suppression qui, faute de transcendance, s’inscrit finalement dans le corps. Dans cette perspective, le symptôme n’est pas un défaut à corriger mais le signal d’un mouvement psychique bloqué, et la guérison ne peut advenir par la seule suppression du symptôme, mais exige que ce vide soit rencontré plutôt que comblé. L’article développe ensuite ce que cette conception implique pour la posture du thérapeute : une attention radicale, définie non comme une technique d’écoute active mais comme un acte intérieur de renoncement – renoncement aux questions, aux hypothèses, au désir de soigner et même à l’espoir d’une réponse – permettant seul l’émergence de ce qui, dans le patient, cherche à se dire et à se libérer. S’appuyant sur la figure arthurienne de Perceval et le mythe du Graal comme métaphore de cette attention au présent, l’auteur distingue deux manières de tenir le vide : le combler par de la matière – pensées, représentations, techniques – ce qui conduit à la maladie ; ou lui offrir une présence attentive et inconditionnelle, ce qui ouvre la voie à la guérison. Le récit de la dame en noir illustre comment cette qualité d’attention, soutenue sans attente de résultat, peut permettre au patient d’accéder lui-même à la source de sa souffrance et d’amorcer, depuis l’intérieur, un processus de transformation que nulle prescription n’aurait pu initier. L’essai s’inscrit dans le cadre de la téléopsychologie et de la démarche Saluto, qui distinguent la personne – empreinte de son histoire – et l’être, toujours en train d’advenir, porteur de talents que le présent seul peut accueillir.
5,00CHF
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