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LA CAUSE FINALE DU CARTÉSIANISME
Informations complémentaires
| Série | Sources philosophiques |
|---|---|
| Auteur | |
| Numéro | 2025/02 (N°1) |
| Parution | 2025 |
| Format numérique |
Ce texte pose que la crise anthropologique contemporaine – dont le transhumanisme et l’essor de l’intelligence artificielle constituent les expressions les plus symptomatiques – trouve sa source dans une décision philosophique datée : l’exclusion de la cause finale opérée par René Descartes au XVIIe siècle. En reprenant le cadre aristotélicien des quatre causes, il montre que la modernité s’est construite en réduisant l’intelligibilité de l’humain aux trois premières – matérielle, formelle, efficiente – privant ainsi la pensée d’une dimension sans laquelle ni la liberté ni les épreuves de l’existence ne peuvent être pleinement comprises. Descartes y apparaît non comme un adversaire à abattre, mais comme une cause efficiente nécessaire de notre histoire – celui qui a rendu possible un apprentissage dont nous n’avons pas encore mesuré toute la portée.
Abstract : Cet article soutient que la crise anthropologique contemporaine – dont le transhumanisme et l’essor de l’intelligence artificielle constituent les expressions les plus symptomatiques – trouve sa source dans une décision philosophique datée : l’exclusion de la cause finale opérée par René Descartes au XVIIe siècle. Reprenant le cadre aristotélicien des quatre causes – matérielle, formelle, efficiente et finale – , l’auteur montre que la modernité s’est construite en réduisant l’intelligibilité de l’humain aux trois premières, privant ainsi la pensée scientifique et médicale de la dimension téléologique sans laquelle ni la liberté ni les épreuves de l’existence ne peuvent être pleinement comprises. La cause finale, telle qu’elle est ici reformulée, n’est pas une destination eschatologique ni une projection vers un paradis futur, mais un potentiel inconditionnel agissant depuis l’avenir : ce sont les talents de l’être – confiance, courage, stabilité intérieure, profondeur intérieure – qui, précédant chronologiquement leurs conditions d’exercice, constituent la véritable origine des épreuves rencontrées. Ce renversement téléologique, qualifié de téléopsychologie, implique que ce ne sont pas les circonstances qui produisent les difficultés, mais que ce sont les talents appelés à s’accomplir qui rendent nécessaires les épreuves permettant de les exercer. L’article analyse ensuite la révolution cartésienne comme une cause efficiente majeure de l’émergence d’un paradigme matérialiste dans lequel l’humain, réduit à la somme de ses déterminismes biologiques, psychiques et sociaux, se trouve privé des conditions intérieures de sa liberté. Dans ce cadre, l’intelligence artificielle est interprétée comme l’aboutissement d’une trajectoire inaugurée au XVIIe siècle : en l’absence de cause finale reconnue, elle occupe la place laissée vacante par la transcendance, fonctionnant comme un substitut matériel d’orientation et de sens. L’article conclut que la cause finale du cartésianisme lui-même réside dans la nécessité, pour l’humanité, d’apprendre à exercer les talents de sa liberté sans s’appuyer sur aucun cadre extérieur – théologique, institutionnel ou technologique – , et que c’est précisément l’intensification des épreuves contemporaines qui constitue l’occasion de cet apprentissage.
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