
DE NOUVELLES PUBLICATIONS
Bonjour à tous
Tout d’abord, je suis heureux de vous annoncer qu’un nouveau N° des Cahiers Saluto est paru !
C’est un HORS-SERIE dont le sujet est le transhumanisme.
Il s’intitule PRENDRE SOIN DE L’INFINI EN L’HOMME.
Je vous en souhaite une très bonne lecture et me réjouis de lire vos commentaires.
Par ailleurs, le premier tome du Cahier intitulé COMMENT L’ENFANT DEVIENT LIBRE est quasi terminé. Reste à relire et à reformuler certains passages.
Il traitera de trois illusions de liberté et des trois pratiques éducatives leur correspondant, tandis que le tome 2 proposera un retournement de situation.
En voici un extrait (c’est à la page 24, donc déjà assez loin dans le développement…)
» Nous avons vu que la première tentation est de croire que l’enfant est libre quand son désir n’est pas contraint. Il est fréquent de trouver cette tendance pédagogique dans la petite enfance, à l’âge où l’espace intérieur porté par la fonction affective se forme. L’éducateur agit en donnant à l’enfant le choix de ce qui peut satisfaire son désir. Il fait appel à ce que l’enfant est capable de se représenter. Et l’enfant apprend à jouer avec les circonstances pour les obliger à le servir. Il compte avoir un effet sur son entourage, s’il adopte la bonne manoeuvre. (1)
La deuxième tentation est de croire que la liberté vient d’une victoire rationnelle sur le désir. Cette tentation éducative est fréquente à l’âge de l’école primaire lorsque l’enfant a atteint ce que l’on appelle l’âge de raison, cet âge où l’on s’attend à ce que la faculté de jugement se développe. L’éducateur en appelle à la faculté de jugement de l’enfant. Celui-ci peut s’enfermer dans un point de vue rationnel, détaché des sentiments, c’est-à-dire un point de vue extérieur au monde. Le monde ne semble pas être plus grand que ce que nous pouvons en connaître. Il est réduit à la somme des éléments que nous pouvons comprendre et maîtriser. Du coup, c’est nous qui nous nous sentons plus grand que lui : avec le désir qui s’éteint, se ferme également l’espace intérieur dans lequel une réalité nous dépassant pourrait se déposer. (2)
La troisième tentation est de croire que la liberté s’obtient en supprimant les conditionnements représentatifs, c’est-à-dire en rééduquant le regard que nous portons sur le monde et sur nous-mêmes. C’est à l’adolescence que cette tentation est la plus forte. L’éducateur agit à travers des discours visant à mobiliser les affects. Il donne à percevoir une certaine réalité du monde de façon à impacter le sentiment – méthode connue sous le nom de sensibilisation – et modifie ainsi le point de vue, ce qui inévitablement reconditionne les modèles représentatifs.
(…) Et comme les fonctions psychiques sont assujetties les unes aux autres en une boucle sans fin, si le rapport au réel est modifié, cela rétroagit sur le réel lui-même. Il est lui-même remis en question – jusque dans sa structure, selon les possibilités techniques qui peuvent interférer avec le génome, les hormones et même la structure de la matière au niveau atomique. Autrement dit, les nouvelles représentations de ce qui est désirable, nous fait changer le réel pour que le désir soit satisfait. S’ouvre un monde d’apprentis sorciers capables de changer les pierres en pain. «
Guillaume Lemonde
NOTES
1- Matthieu, ÉVANGILE, Chapitre 4, verset 5-7.
2- Matthieu, ÉVANGILE, Chapitre 4, verset 8-10.
3- Matthieu, ÉVANGILE, Chapitre 4, verset 3-4.


