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CE QUI FAIT AUTORITÉ DANS L’ÉDUCATION
Informations complémentaires
| Auteur | |
|---|---|
| Numéro | 2024/09 (N°4) |
| Parution | 2024 |
| Format numérique | |
| Nombre de pages | 20 |
Ce texte opère un renversement décisif que son sous-titre dit en peu de mots : l’autorité n’est pas une qualité que l’adulte possède ou produit – elle lui est accordée par celui à qui elle profite. Auctoritas, du latin augere : faire croître. L’autorité fait croître celui qui la reçoit, et c’est précisément pour cela qu’il la reconnaît. Il montre que l’éducateur ne peut s’adresser à l’être de l’enfant – et donc recevoir son autorité – qu’à la condition d’avoir lui-même appris à traverser les conditionnements de sa propre personnalité. D’où la nécessité, ici encore, d’une éducation de l’éducateur comme condition sine qua non de toute autorité légitime.
Abstract : Face à la crise contemporaine de l’autorité éducative – oscillant entre un autoritarisme décrédibilisé et une permissivité qui livre l’enfant à lui-même -, cet article propose un retour à l’étymologie du terme auctoritas comme point de départ d’une refondation conceptuelle. Augere – faire croître, accroître – révèle que l’acte d’autorité n’émane pas de celui qui l’exerce, mais lui est accordé par ceux à qui il fait bénéficier d’un accroissement de leurs possibilités à venir. L’autorité n’est pas produite, elle est reçue. Cette définition engage deux retournements décisifs : un retournement spatial – l’autorité rayonne de la périphérie vers le centre, non l’inverse – et un retournement temporel – elle trouve sa source dans l’avenir, non dans le passé. L’article développe ensuite une distinction fondamentale entre personnalité et être : la personnalité, résultante prévisible des déterminismes contextuels, est ce que l’enfant porte comme masque (prosopon) ; l’être, irréductible à tout conditionnement, est ce qui advient en lui depuis l’avenir, ce qu’il a d’universel et d’unique simultanément. L’autorité de l’éducateur est alors définie avec précision : elle lui est accordée dans la mesure exacte où il s’adresse à cet être en train d’advenir, et non à la personnalité de l’enfant. Ni la menace, ni la séduction, ni les stratégies d’autorité éducative fondées sur des postures et des savoirs ne peuvent remplacer cette orientation fondamentale. L’article montre que l’éducateur ne peut s’adresser à l’être de l’enfant qu’à la condition d’avoir lui-même appris à traverser les conditionnements de sa propre personnalité – d’où la nécessité d’une éducation de l’éducateur comme condition sine qua non de toute autorité légitime. Le texte s’appuie sur Hannah Arendt, Kant et l’étymologie latine pour ancrer philosophiquement une thèse qui trouve ses applications dans la vie quotidienne de la relation éducative, et s’inscrit dans le cadre de la téléopsychologie et de la démarche Saluto.
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